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Ce texte a été rédigé lors d’ateliers d’écriture menés par l’écrivain Mathieu Simonet au centre de détention de Nantes, en novembre 2025. Un groupe de personnes détenues a été invité à sélectionner des œuvres de la collection permanente du Musée d’arts de Nantes et à s’en inspirer pour la rédaction de 20 cartels qui jalonnent les salles. Ce parcours, sur le thème des nuages dans la peinture, est visible jusqu’au 29 mars 2026, date de la prochaine Journée internationale des nuages.
Ce projet a été mené par le service culturel de la Ligue de l’Enseignement des Pays de la Loire et le Service des publics du Musée d’arts de Nantes, dans le cadre de l’exposition Sous la pluie, Peindre, vivre et rêver (7 novembre 2025 – 1er mars 2026).
Ce projet s’inscrit dans la programmation culturelle du SPIP de Loire-Atlantique, en lien avec le Centre Pénitentiaire de Nantes.
Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture – Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire et par le Ministère de la Justice – Direction interrégionale des services pénitentiaires de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire/SPIP Loire-Atlantique, dans le cadre de la convention régionale Culture/Justice.
Programme inter-ministériel Culture-Justice
Orazio Gentileschi, Diane chasseresse, 17e siècle
Salle 2 : Orazio GENTILESCHI
Pise, 1563 – Londres, 1639
Diane chasseresse
Avant 1631 Huile sur toile Commandé en 1630 par Roger du Plessis de Liancourt, duc de La Roche-Guyon
Ce tableau représente Diane, déesse de la chasse et de la nature sauvage. Divinité crépusculaire, elle est associée à la lune, comme son frère jumeau Apollon l’est au soleil. Elle est ici reconnaissable grâce à ses attributs traditionnels : le croissant de lune au-dessus de sa tête, le cor, l’arc et le carquois, ainsi que son lévrier qu’elle tient en laisse. La ligne d’horizon très basse accentue sa grandeur. En mouvement, de dos, mais légèrement tournée vers le spectateur, elle souffle à pleines joues dans son cor. Une ample tunique verte voltige élégamment autour d’elle et dynamise la composition.
Sur cette marine, Simon de Vlieger dépeint une scène de naufrage : des bateaux de pêche sont surpris par une tempête lorsqu’ils tentent de regagner la côte. Sous un ciel aux larges nuages sombres, les embarcations ploient face aux remous de la mer tumultueuse. Évocation allégorique, la tempête symbolise aussi les épreuves qui apparaissent dans la vie.
Maître dans la représentation de batailles maritimes, de Vlieger se distingue aussi grâce à ses peintures de simples mers, ponctuées de navires voguant au milieu des vagues. La surface agitée de l’eau est alors propice à des jeux de lumière gris argentés d’une grande finesse. Elève du peintre flamand Adam Willaerts, l’artiste est influencé par ses tempêtes, tout en s’inspirant de l’évolution de l’art du paysage hollandais au 17e siècle.
Collection Fournier, achat, 1814 Inv. 561
Simon Vouet, Saint Eustache et sa famille portés au ciel, dit L’Apothéose de saint Eustache et de sa famille, vers 1634-1637.
Salle 6 : Simon VOUET
Paris, 1590 – Paris, 1649
L’Apothéose de saint Eustache et de sa famille
Vers 1635 Huile sur toile
Le tableau ornait autrefois la partie supérieure du maître-autel de l’église Saint-Eustache à Paris. La partie inférieure représentant le martyre du saint est toujours conservée sur place.
D’après La légende dorée de Jacques de Voragine, saint Eustache, général de Trajan converti au christianisme, est condamné à être brûlé vif avec toute sa famille. Le choix de la représentation du martyre et de l’apothéose témoigne du climat de la Contre-Réforme, prompte à exalter l’esprit de sacrifice, à dramatiser et à héroïser l’expression de la foi. La composition très dynamique (jeux de regards, de gestes, de drapés voltigeants) entraîne le regard dans une envolée céleste à la manière des grandes compositions baroques italiennes.
Après un long séjour en Italie, Simon Vouet est rappelé en France en 1627 par Louis XIII. L’artiste rapporte un style jusqu’alors inconnu en France et renouvelle profondément la peinture.
Envoi de l’état, 1809 Inv. D.809.1.1.P
Charles Coypel, Le Sommeil de Renaud, 1741.
Salle 7 : Charles COYPEL
Paris, 1694 – Paris, 1752
Le sommeil de Renaud
Vers 1741 Huile sur toile
Au centre du tableau, la magicienne Armide s’apprête à poignarder Renaud qu’elle a plongé dans un profond sommeil. Mais découvrant les traits du chevalier, elle en tombe amoureuse. Cette scène représente le moment précis où les sentiments d’Armide basculent de la vengeance vers l’amour. Elle s’inspire du poème La Jérusalem délivrée, écrit par Le Tasse au 16e siècle. Cette histoire d’amour sur fond de croisade médiévale devient en 1696 une tragédie lyrique de Philippe Quinault, mise en musique par Jean-Baptiste Lully, les maîtres de l’opéra sous Louis XIV. Le succès de cet ouvrage se poursuit jusqu’à la première moitié du 18e siècle et Coypel en choisit plusieurs épisodes pour une commande royale de tapisseries. Ce très grand tableau sert de modèle pour l’une d’elles. Coypel, à la fois peintre et auteur de pièces de théâtre, tisse ici des liens très forts entre les deux genres artistiques.
Dépôt du Musée du Louvre, 1982 Inv. D.872.1.2.P
Giovanni Paolo PANNINI, Prédication d’une sibylle, 18e siècle
Salle 8 : Giovanni Paolo PANNINI
Plaisance, 1691- Rome, 1765
Prédication d’une sibylle
18e siècle Huile sur toile
Dans un décor de ruine, la sibylle de Tibur (aujourd’hui Tivoli), prophétesse et prêtresse d’Apollon, offre une divination à des soldats. Pannini fait de nombreuses références à l’Antiquité : vase Médicis, petit temple rond à l’arrière évoquant celui de la sibylle à Tivoli, colonnade gigantesque rappelant le Forum romain. Au-delà du simple plaisir pittoresque, le contraste entre la grandeur des ruines et la taille des humains offre une réflexion sur le pouvoir inexorable du temps qui vient à bout des entreprises les plus grandioses, comme l’Empire romain.
Pannini est célèbre pour ses vues de la Rome du 18e siècle et peut-être plus encore pour ses caprices architecturaux, où se mêlent ruines réelles et imaginaires.
Achat, 1841 Inv. 115
Jean-François SABLET, Vue de la campagne romaine du côté de la voie Appienne, dit aussi « Vue de Tivoli », 1803-1804 ?
Salle 8 : Jean-François SABLET
Morges, 1735 – Nantes, 1819
Vue de la campagne romaine du côté de la voie Appiennedit aussi « Vue de Tivoli »
1803-1804 ? Huile sur toile
Ce grand paysage, réalisé plusieurs années après le séjour de Jean-François Sablet à Rome, offre une description fidèle de la voie Appia au bas d’Ariccia. Si le peintre se refuse aux effets de mise en scène du paysage idéal classique, il n’hésite pas à peupler cette belle fin d’après-midi de personnages pittoresques, comme les bergers en costumes traditionnels avec leurs moutons.
Fils de Jacob Sablet, peintre et marchand de tableaux, Jean-François Sablet est également un des élèves du peintre Joseph-Marie Vien, précurseur du Néoclassicisme. Formé essentiellement à Paris et par un bref séjour à Rome après la Révolution, l’artiste s’installe définitivement à Nantes en 1805. Il est avant tout connu pour ses portraits de la bourgeoisie locale et de ses amis artistes et collectionneurs.
Don Mme de La Vauguyon (sœur de l’artiste), 1841 Inv. 709
Félix THOMAS, Bords du Tibre, vers 1864
Salle 10 : Félix THOMAS
Nantes, 1815 – Nantes, 1875
Bords du Tibre
vers 1864 Huile sur toile
Ce paysage bucolique représente probablement la haute vallée du Tibre, en Italie centrale. Au pied des montagnes s’étendent des champs dédiés au pâturage. Au premier plan, un pêcheur s’apprête à jeter son filet dans le fleuve.
Félix Thomas est à la fois architecte, peintre et graveur. Il obtient le Grand Prix de Rome en architecture en 1845 – ce qui lui permet de séjourner en Italie et de voyager jusqu’à Constantinople, Athènes et Smyrne. À partir de 1855, il expose des paysages au Salon avec un certain succès.
Envoi de l’État Salon de 1864 Inv. 1194
Edouard DEBAT-PONSAN, Coin de vignes, Languedoc, 1886
Salle 14 : Edouard DEBAT-PONSAN
Toulouse, 1847 – Paris, 1913
Coin de vignes, Languedoc
1886 Huile sur toile
Édouard Debat-Ponsan s’inspire de séjours dans son Languedoc natal pour de nombreuses représentations de la vie aux champs. Le chemin en biais, la ligne oblique de l’horizon, les tonalités froides et la position des personnages dans l’espace donnent à la scène une véritable ampleur. L’attention accordée à la véracité de chaque détail inscrit l’œuvre dans la tradition naturaliste, dans le sillage du Réalisme de Courbet.
Formé dans l’atelier d’Alexandre Cabanel, Debat-Ponsan expose au Salon des artistes français dès 1873, obtenant récompenses et honneurs. En 1898, il prend parti pour le capitaine Dreyfus injustement accusé de trahison. Cette position politique entraîne une rupture totale avec sa famille et sa clientèle. Il se réfugie alors en Touraine, continuant à peindre portraits et paysages, éloigné des tendances nouvelles de la peinture.
Dépôt du Centre national des arts plastiques, 1886 Inv. 919
Hugo-Frédérick SALMSON, La Petite Glaneuse, 1884
Salle 14 : Hugo-Frédérick SALMSON
Stockholm, 1843 – Lund, 1894
La Petite Glaneuse
1884 Huile sur toile
Assise au milieu d’un champ avec un bouquet d’épis de blé à ses côtés, la petite glaneuse apparaît fatiguée, le regard absent. La position accablée de la jeune fille, les épaules abaissées et les jambes légèrement croisées, renforce ce sentiment d’épuisement. La ligne d’horizon particulièrement haute permet à l’artiste de jouer sur l’immensité du champ fauché rappelant ainsi la difficulté de sa tâche. Le réalisme du portrait – les vêtements de travail abîmés, les bottes sales – et le thème inscrivent cette œuvre dans la tendance naturaliste qui se développe au milieu du 19e siècle.
Après des études à l’École des Beaux-Arts de Stockholm, Hugo-Frédérick Salmson s’installe à Paris, où se déroule avec succès toute sa carrière. À partir de 1877, il s’oriente vers la représentation de la vie rurale. En 1879, l’État lui achète un tableau pour le musée du Luxembourg alors très fermé aux artistes étrangers.
Achat à l’artiste Salon, 1886 Inv. 1168
ANONYME, Portrait de Théophile et Félicité Fernig, 19e siècle
Salle 15 : ANONYME
Portrait de Théophile et Félicité Fernig
19e siècle Huile sur toile
Nées en 1770 et 1775 près de Valenciennes, Félicité et Théophile Fernig ont tout des héroïnes romantiques que le 19e siècle s’est plu à glorifier. Telles deux amazones, si l’on en croit Lamartine, les jeunes sœurs Fernig s’engagent en 1792 dans la garde nationale. Habillées de vêtements masculins et faisant fi de l’autorité paternelle, elles s’opposent aux soldats autrichiens qui menacent alors la nouvelle société française. Échafaudé sans doute, le récit post-révolutionnaire en fait des combattantes éprises des Lumières et de liberté. Non identifié, l’artiste les représente, comme le sont les officiers, dressées devant l’horizon, vêtues en citoyens, le regard assuré. La main de l’une appuyée sur l’épaule de l’autre est le symbole de leurs liens inébranlables, l’union du sang comme des convictions.
Dépôt du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 2022 Inv. D.2022.1.11.P
Joan MITCHELL, No Daisies [Pas de marguerites], 1980
Salle 15 : Joan MITCHELL
Chicago (États-Unis), 1925 – Paris, 1992
No Daisies [Pas de marguerites]
1980 Huile sur toile
« Je peins souvent la nuit mais je n’ai rien à voir avec la nuit. J’aime la lumière », écrivait Joan Mitchell. No Daisies, dont le titre évoque un poème sombre, pourrait bien être un paysage à l’heure incertaine, quand sur un ciel bleu cobalt se détachent, comme à contre-jour, les grandes hachures noires de la végétation. Aube ou crépuscule ? Espoir ou désespoir ? Mise en regard des grandes peintures de bataille et des désastres de la guerre, cette peinture renvoie, de façon métaphorique, aux zones d’ombre de l’histoire. Les marguerites qui se ferment la nuit acquièrent ainsi la force du signe, du présage.
En 1979, Mitchell vient de se séparer de son compagnon, le peintre Jean-Paul Riopelle, qui partageait sa vie entre la France et le Québec. La peinture liquide, jetée rapidement sur la toile, défait les repères et s’impose comme une impression, une sensation ou une émotion.
Dépôt du Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle, Centre Pompidou, 1996 Inv. AM 1995-170
Pierre BOYER, Le soir : Forêt de Paimpont , Vers 1905
Salle 16 : Pierre BOYER
Paris, 1805 – Ben Aiech (Tunisie), 1933
Le soir : Forêt de Paimpont
Vers 1905 Huile sur carton
Ce paysage aux nuances rougeoyantes représente la forêt de Paimpont au coucher du soleil. Située au sud-ouest de Rennes, elle est souvent identifiée à la mythique forêt de Brocéliande. Réputé enchanté, ce lieu est intimement lié à la légende arthurienne. La forêt est sensée abriter une grande partie de la faune surnaturelle bretonne comme des fées et des korrigans.
Pierre Boyer, son auteur, après sa formation auprès du peintre Alfred Roll, voyage dans toute l’Europe et vit un temps en Bretagne où il peint régulièrement des paysages. Il s’installe après la Première Guerre mondiale en Tunisie où il fonde en 1923 le Centre d’enseignement d’art de Tunis.
Achat, 1906 Inv. 830
Marie Guillaume Charles LE ROUX, Bords de la Loire au printemps, au moment de la pleine mer, effet d’orage, 1857
Salle 17 : Marie Guillaume Charles LE ROUX
Nantes, 1814 – Nantes, 1895
Bords de la Loire au printemps, au moment de la pleine mer, effet d’orage
1857 Huile sur toile
Représenté depuis la surface de l’eau, ce paysage s’organise autour de quelques bateaux disposés au milieu du plan d’eau. Les arbres, encadrant le fleuve, viennent contrebalancer la forte horizontalité des lignes de composition. La place prédominante du ciel orageux dramatise la scène.
Paysagiste, issu d’une famille aisée, Marie-Guillaume-Charles Le Roux a eu tout le loisir de se consacrer à sa vocation. Élève de Corot, proche de l’École de Barbizon, il se spécialise dans les vues de la campagne nantaise.
Cette œuvre témoigne des recherches de Pierre Soulages autour du noir et du clair-obscur. L’ensemble sombre du tableau est illuminé par quelques touches plus claires qui semblent irradier depuis le fond de la toile. La composition est équilibrée, au centre, par la répétition de lignes horizontales. De nombreux tracés noirs y prennent appui pour se projeter au-delà des limites de l’œuvre. Cet agencement rappelle l’attachement de l’artiste à la structure des arbres.
La vocation artistique de Soulages s’est confirmée, quand il était lycéen à Rodez, lors d’une visite de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. Mais c’est après la guerre qu’il se consacre entièrement à la peinture abstraite. En 1951, il rejoint la galerie Louis Carré qui représente alors les artistes de l’abstraction gestuelle. Gildas Fardel y achète en 1951 le tableau avant d’en faire don au musée sept ans plus tard.
Don Gildas Fardel, 1958 Inv. 958.7.6.P
Ludwig CYLKOW, La Baie d’Audierne le soir, 1920
Salle 18 : Ludwig CYLKOW
Varsovie (Pologne), 1880 – Paris, 1940
La Baie d’Audierne le soir
1920 Huile sur toile
Le jour touche à sa fin. À l’horizon, le ciel et la mer se confondent. Les nuages, immenses, se reflètent sur le sable balayé par les vagues. Seul un point de lumière brille au loin. « Le ciel, comme l’eau, d’ailleurs, est l’élément symbolique qui reflète nos états d’âme, toute notre vie intime ; n’est-il pas un peu le miroir de ce qui se passe en nous de plus secret, de plus indéfinissable ? », interroge Ludwig Cylkow. La toile décline les bleus et les gris, à la limite du monochrome, « magistrale harmonie des forces, des couleurs et des sons », ajoute-il.
Après ses études à l’Académie de Cracovie, Cylkow s’installe à Paris. Il étudie d’abord à l’Académie Julian. Vers 1905, il s’établit à Saint-Jean-du-Doigt, dans le Finistère, où il peint la mer déchaînée, les couchers de soleil et les levers de lune sur les eaux. Le Musée d’arts de Nantes est la première institution publique à acquérir une de ses œuvres.
Achat à l’artiste, 1920 Inv. 1975
Camille PISSARRO, Chemin montant à Osny (Val d’Oise), 1883
Salle 19 : Camille PISSARRO
Charlotte-Amélie (États-Unis), 1830 – Paris, 1903
Chemin montant à Osny (Val d’Oise)
1883 Huile sur toile
Camille Pissarro peint ici une scène de vie quotidienne. Ce paysage rural, traversé par une route sinueuse bordée d’un hameau, est en réalité une vue du village où il réside depuis un an. Un homme et une femme s’apprêtent à se croiser au centre du chemin qui prend l’apparence d’un long ruban rose. De part et d’autre, les chaumières observées à contre-jour sont résumées par quelques masses aux ombres mauves. La palette chromatique distingue le registre céleste, dominé par des tons froids, gris et bleutés, du registre terrestre rehaussé de tons verts vifs et printaniers.
L’année 1883 est charnière dans la carrière de l’artiste : alors que la galerie Durand-Ruel lui consacre une exposition personnelle, il tente de se démarquer des techniques impressionnistes par une simplification des formes.
Dépôt du Musée des Beaux-arts de Valenciennes, 2022 Inv. D.2022.1.21.P
Émile BERNARD, Nus dans un paysage, 1890
Salle 19 : Émile BERNARD
Lille, 1868 – Paris, 1941
Nus dans un paysage
1890 Huile sur toile
Au premier plan, deux femmes nues, l’une assise et l’autre allongée dans l’herbe, se reposent devant une prairie verte animée par trois grands arbres. Au centre, deux silhouettes vêtues de longs manteaux sont réduites à l’essentiel. Dans les années 1880, Émile Bernard développe avec Paul Gauguin une nouvelle esthétique baptisée « synthétisme », influencée par Paul Cézanne et ses paysages aux lignes géométriques. Si les figures évanescentes et sans visage qui habitent la toile répondent aux préoccupations synthétiques de l’artiste, la construction simplifiée du paysage, le traitement pictural des arbres par petites touches, ainsi que le placement des figures nues au premier plan, rappellent les œuvres de Cézanne.
Cette œuvre, réalisée deux ans après la rencontre entre Bernard et Gauguin, s’inscrit pleinement dans une continuité des productions de l’École de Pont-Aven.
Dépôt du Musée des Beaux-arts de Valenciennes, 2022 Inv. D.2022.1.31.P
Albert MARQUET, La Seine à Paris, Sans date
Salle 19 : Albert MARQUET
Bordeaux, 1875 – Paris, 1947
La Seine à Paris
Sans date Huile sur toile
Depuis son appartement parisien, Albert Marquet regarde la Seine. Dans la série de vues surplombant le fleuve qu’il débute en 1905, le peintre conserve toujours la même composition : la diagonale marque le flux du courant, auquel répond la circulation des automobiles, la ligne horizontale des toits marquant l’horizon. Au loin se dessine la tour du 36 quai des Orfèvres, puis la silhouette de la cathédrale Notre-Dame. Marquet apprécie les temps brumeux qui entourent les édifices de gris cotonneux, estompent les détails et rendent la ville fantomatique.
Marquet, associé aux « fauves » depuis le Salon d’Automne de 1905, privilégie une palette réaliste aux valeurs nuancées plutôt que des teintes violentes et des contrastes exacerbés . Cette position singulière au sein du fauvisme se rapproche de celle de son ami Raoul Dufy, qu’il rejoint notamment au Havre en 1906 et auprès duquel il observe la vie depuis la fenêtre de leur chambre d’hôtel ou du balcon d’un café.
Achat à l’artiste, 1934 Inv. 2156
Marc CHAGALL, Obsession, 1943
Salle 23 : Marc CHAGALL
Vitebsk, 1887 – Saint-Paul de Vence, 1985
Obsession
1943 Huile sur toile
Dans un tourbillonnement de rouges vifs, un Christ vert, un chandelier, un dormeur, un charriot tiré par un cheval bleu s’ordonnent autour d’une maison en flammes. Des soldats sont visibles à l’arrière-plan. Cette scène de chaos est inspirée de faits réels qui se produisent dans le village natal de l’artiste, à Vitebsk en Biélorussie, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Installé à Paris depuis 1923, Marc Chagall fuit la France pour les États-Unis de 1941 à 1948.
Il réalise alors une série de tableaux très symboliques où sont évoquées les souffrances du peuple juif.
Marc Chagall séjourne pour la première fois à Paris entre 1910 et 1914, où il rencontre les principaux acteurs du cubisme. Il travaille les années suivantes en Russie et affirme son style si particulier où l’imaginaire a une place prépondérante. Après le conflit mondial, son œuvre bénéficie d’une reconnaissance internationale.
Dation, 1988 Inv. AM 1988-76 Dépôt du Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, Centre Pompidou, 1990 Inv. D.990.1.1.P
Jesús Rafael SOTO, Sans titre, 1971
Salle 25 : Jesús Rafael SOTO
Ciudad Bolivar (Venezuela), 1923 – Paris, 2005
Sans titre
1971 Huile et encre de Chine sur bois, tiges de métal et fils de nylon
Tableau ou sculpture ? Ce relief de bois, peint en blanc, est barré au fond d’une bande noire striée de fines lignes blanches peintes à la main à l’aide d’une règle. Devant, suspendus par des fils de nylon transparents, des fils de fer noirs, pliés, dessinent des lignes souples. Les mouvements hasardeux de ces tiges masquent puis dévoilent tour à tour la trame du fond, créant ainsi une perturbation optique, une sensation de vibration. Le regardeur, par chacun de ses déplacements, modifie cette œuvre qui est perpétuellement en train de se faire.
Cette œuvre appartient à l’art cinétique dont l’artiste vénézuélien Jesús Soto est l’un des représentants majeurs. Elle est caractéristique de la série des « Écritures » que le peintre débute en 1958 et qu’il continue à explorer toute sa vie à des échelles différentes.