MUSÉE D'ART DE NANTES

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Pierre Soulages

1923, Kapuvár (Hongrie) - 2020, Marcoussis (Essonne, France)

Comment faire danser un carré

1964
Huile sur toile
Don de l’artiste, 2011
Inv. 11.1.1.P

 

Reigl Danser un carré.jpgJudit Reigl entreprend en 1941 des études à l’Académie des beaux-arts de Budapest, où elle se lie notamment avec Simon Hantaï. Refusant de s’engager dans la voie de l’art officiel après l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949, elle cherche à fuir la Hongrie. Elle arrive à Paris en juin 1950. En mai 1954, par l’entremise de Hantaï, André Breton découvre l’atelier de Reigl : il lui offre sa première exposition monographique à la galerie de l’Étoile Scellée en novembre 1954. Farouchement attachée à son indépendance, Reigl quitte cependant le groupe surréaliste le mois suivant.

Sa démarche picturale est alors à un moment charnière : la pratique de « l’automatisme psychiquephysique », libération de l’esprit et du geste sur la toile, la mène à l’abstraction. Son oeuvre, inclassable, est brièvement rattachée à l’abstraction lyrique dans les années 1950. En 1956, sa deuxième exposition personnelle est ainsi organisée, à la galerie Kléber, avec le concours de Hantaï et de Georges Mathieu, dont le travail est une inspiration. L’œuvre de Judit Reigl se constitue par séries, qui, toutes, ont en commun la gestualité spontanée, la place affirmée du corps au contact de la matière. Comment faire danser un carré appartient à la série « Écriture en masse », développée de 1959 à 1965, selon un mode opératoire explicité par l’artiste en 2009 :

« La peinture est placée par masses sur la toile. J’avais acheté un matériau qui sert aux maçons : un noir broyé qui sèche lentement, en profondeur, pendant des années, ainsi je travaillais toujours sur six à huit toiles en même temps. À partir d’un fond blanc, je plaçais sur la toile les mottes de peinture avec une lame souple et arrondie, quelquefois une simple baguette de bois, et je les “montais” ensuite de bas en haut sur la toile, en recouvrant, avec ce noir broyé, les couleurs plus légères placées en dessous. Je savais immédiatement si c’était réussi ou raté, et, dans ce cas, il n’y avait pas de retouche possible. »

Claire Lebossé
Extrait du Guide des collections du Musée d'arts de Nantes

 

Domaine public - Crédit photographique : © Musée d'arts de Nantes - C. Clos
© Adagp, Paris

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