MUSÉE D'ART DE NANTES

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Emmanuel FRÉMIET

(Paris, 1824 - Paris, 1910)
 

Gorille enlevant une femme

1887, Plâtre teinté, 195 × 133 × 80 cm, 563 kg.

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Domaine public © Musée d'arts de Nantes

 

Emmanuel Fremiet présente au Salon de 1859 une sculpture intitulée Gorille femelle enlevant une négresse. Cette œuvre qui scandalise le Salon est détruite par malveillance quelques années plus tard. L'artiste présente une seconde version au Salon de 1887 sous le titre Gorille- groupe plâtre–Troglodytes Gorilla (sav.) – du Gabon. Cette appellation fait référence au premier squelette de gorille gabonais, offert par un français au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris en 1849.

Posé sur un rocher, un gorille mâle tient dans sa main droite une femme quasiment nue et de l'autre un silex. Comme dans ses précédentes sculptures, l'artiste accorde une importance particulière au réalisme des modelés humain et animal. Une très grande précision est accordée à l'anatomie et au visage du gorille avec la bouche ouverte, les crocs ressortis. Ces détails témoignent de l’agressivité et de la force de l’animal. Force qui s'oppose à la fragilité du corps de la jeune femme. Bien que décidée à s'enfuir comme en atteste la position de ses mains, elle reste prise au piège.

Fremiet pense sa sculpture dans sa globalité. Elle est faite pour être regardée sous différents angles. Ainsi, les détails se dévoilent selon les points de vue, comme le serpent qui glisse sur le rocher ou la mâchoire de gorille dans les cheveux de la femme.

L’œuvre rencontre un grand succès au Salon et permet à l'artiste d'obtenir une médaille d'honneur.

Fremiet espère alors que son gorille, acheté par l’État, soit installé au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Il voit dans cette œuvre « un intérêt scientifique incontestable parce qu'il est la reproduction exacte de celui qui existe dans les galeries du muséum et qui fait l'admiration de tous les naturalistes ».

Son souhait n'est pas pris en compte malgré son insistance et l’œuvre est déposée au musée des beaux-arts de Nantes en 1895.

Cette sculpture a nourri l'imaginaire de nombreux artistes autant dans les arts plastiques qu'au cinéma. On retrouve ainsi l'image du gorille emportant une femme dans le film King Kong réalisé en 1933.

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