MUSÉE D'ART DE NANTES

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Gustave COURBET

(Ornans, 1819 - La Tour-de-Peilz, 1877)
 

Les Cribleuses de blé

1854, huile sur toile, 131 × 167 cm.

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Domaine public - © Gérard Blot/RMN

 

Avec Les Cribleuses de blé peint en 1854, Courbet poursuit l'observation de la société et immortalise une scène de la vie paysanne.

L'artiste choisit comme modèle trois membres de sa famille. Au centre de la composition, Zoé l'une de ses sœurs, est représentée de dos agenouillée sur un drap blanc. Elle crible le blé avec un tamis. A gauche, au second plan, Juliette, une autre de ses sœurs, est adossée à des sacs de blé. Elle exécute la même tâche à la main. A droite, assis sur un sac, un jeune garçon contrôle l'intérieur du tarare, machine mécanique qui remplace le tamisage manuel des grains de blé. Il pourrait s'agir de Désiré, fils illégitime que Courbet aurait eu avec son modèle Virginie Binet, en 1847.

La position des personnages divise le tableau en trois parties. Concentrés sur leurs tâches, ils évoluent indépendamment les uns des autres dans un espace ambiguë, sans angles et sans point de fuite unique.
La composition se focalise sur Zoé au centre. La couleur de sa robe apporte de l'éclat au milieu des tonalités brunes des grains de blé, du mur et des couleurs plus sombres des vêtements des autres personnages. Sa position la rend également plus active. Son corps légèrement disproportionné au niveau du bras droit, semble évoluer au rythme du tamis. La cambrure de son dos et la tension de ses bras rappellent la difficulté du monde rural.
Juliette apparaît, elle, comme absente. La couleur de sa peau, très pâle, se confond avec celle des sacs de blé et du drap. Sa tête penchée laisse penser qu'elle s'est endormie sur sa tâche.
Le petit garçon, immobile, surveille le mécanisme de la machine.

De gauche à droite, le spectateur suit ainsi le travail long et laborieux du tri à la main puis la difficulté physique de l'utilisation du tamis et enfin la révolution pour le monde agraire qu'est l'arrivée du tarare.

Par cette œuvre, Courbet réhabilite le monde rural et interroge la suprématie de la grande peinture académique en élevant ce tableau au même rang que la peinture d'histoire.

Le tableau Les Cribleuses de blé est acquis par le musée des beaux-arts au Salon de Nantes en 1861, du vivant de l'artiste.

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