MUSÉE D'ART DE NANTES

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Orazio GENTILESCHI

(Pise, 1563 - Londres, 1639)
 

Diane chasseresse

Avant 1631, huile sur toile, 224,5 × 136,8 cm.

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Photographie réalisée après restauration de l'œuvre.
Domaine public © Musée d'arts de Nantes

 

Ce tableau de grand format représente la déesse de la chasse Diane, fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d'Apollon.

La divinité est en mouvement. Elle se retourne vers nous en soufflant dans son cor, comme pour appeler ses compagnes, absentes du tableau. De la main gauche, elle tient son arc et la laisse de son lévrier qui semble l'épier. Suspendu à son épaule gauche, le carquois de couleur pourpre agrémenté de motifs rehaussés à la feuille d'or, fait écho au collier du chien sur lequel le peintre a apposé sa signature. Une ample tunique d'un vert intense, aux plis lumineux, la drape et voltige élégamment autour d'elle. Ses bras d'albâtre sont nus, ainsi que ses jambes et le haut de son corps. Ses cheveux blonds, retenus par un ruban, tombent sur ses épaules et flottent au gré du vent. Ils sont surmontés dans le ciel d'un croissant de lune imposant, symbole crépusculaire de Diane.

La déesse occupe la quasi-totalité de l'espace de l’œuvre. Représentée grandeur nature, son corps impose une grande ligne verticale en torsion, dite « serpentine », rappelant les influences maniéristes. Elle se détache clairement du paysage grâce à une ligne d'horizon très basse, formée d'une route grisâtre, bordée d'herbes et d'arbrisseaux. Le ciel est chargé de nuages. Le jour décline.

Le thème de Diane est particulièrement apprécié depuis la Renaissance. Incarnant la pureté associée à une certaine férocité, elle est le modèle féminin de prédilection des peintres et de leurs commanditaires. Orazio Gentileschi allie ici avec brio réalisme et idéalisation. Il fait de Diane une icône de la beauté, extrêmement raffinée, aux formes généreuses et sensuelles. Cependant, la palette chromatique choisie, les tonalités froides dominées par les gris-bleutés et le vert du drapé, ainsi que la mise en scène du personnage, introduisent une forme d'inquiétude illustrant parfaitement la double personnalité de la déesse.

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