MUSÉE D'ART DE NANTES

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Jean-Antoine WATTEAU

(Valenciennes, 1684 – Nogent-sur-Marne, 1721)
 

Arlequin empereur dans la lune

1er quart du 18e siècle, huile sur toile, 65,3 × 82,2 cm.

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Domaine public - © Gérard Blot/RMN

 

Passionné par le monde du théâtre, Watteau a souvent traité ce thème au cours de sa courte mais prestigieuse carrière. Il s'est principalement inspiré du théâtre de rue, des foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, marquant une nette préférence pour le théâtre italien, la commedia dell'arte. Cette scène est d'ailleurs inspirée d'une comédie de Nolant de Fatouville, Arlequin empereur dans la lune, créée en 1684 et jouée à la foire de Saint-Laurent en 1707 puis en 1719.

Sur un fond sombre et épuré où l'on devine quelques éléments de végétation, quatre personnages occupent l'espace. A gauche, on peut reconnaître le mezzetin, le valet toujours amoureux et sentimental, en costume rayé avec sa fraise blanche, coiffé d'un chapeau souple tombant sur l'arrière de sa tête ; Colombine, la femme de chambre toujours amoureuse et qui n'a pas sa langue dans sa poche ; le Dr Boloardo en costume noir, passionné d'astronomie, qui pense que la lune est habitée. A droite, leur faisant face, Arlequin est assis dans une carriole à soufflet, tirée par un âne qui regarde le spectateur affligé, annonçant la farce.

L'intrigue est simple et burlesque comme souvent. Le Dr Boloardo promet la main de Colombine, sa servante, à plusieurs prétendants : un fermier, un apothicaire et un boulanger. Mais Arlequin et Colombine s'aiment en secret. Arlequin décide alors de se déguiser en prenant l'identité de tous les prétendants, tour à tour, démontrant au Docteur qu'ils ne font pas l'affaire. Un jour il se présente comme étant l'ambassadeur de l'empereur de la lune. Le Dr Boloardo, charmé, lui accorde la main de Colombine. Mais il est rapidement démasqué et se voit dans l'obligation de renoncer à Colombine.

Cette petite huile sur toile a probablement été réalisée au début de la carrière du peintre. Le style est en effet encore fortement influencé par celui de son maître, Claude Gillot. Le trait sec, les personnages un peu figés et la palette chromatique peu lumineuse confirment cette hypothèse.

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