MUSÉE D'ART DE NANTES

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Gina Pane

(1939, Biarritz - 1990, Paris)

Action, Stripe-Rake

1969
Sable (4 m²) et humus (1 m²), un râteau en bois, 170 × 200 × 200 cm
Râteau : 179,5 × 64 × 12 cm.

 

© Adagp, Paris - Photographie : ©Musée d’arts de Nantes

 

L’œuvre de Gina Pane est restée très longtemps attachée au contexte de l'art corporel. Outre les actions des années 1970, Gina Pane a construit une œuvre à la fois extrêmement variée et d’une très grande cohérence. Convaincue que l’artiste peut changer la société, elle a constamment tenté d’agir sur le spectateur et de transformer son rapport au monde. A la fin des années 1960, Gina Pane commence à se promener dans la nature où elle désire « retrouver un espace plus juste entre le corps et son environnement et pouvoir méditer sur la situation de l'artiste dans la société ». A cette période, elle abandonne la peinture et entame une série d’œuvres où elle intervient directement sur et dans la paysage Cette série d'expériences in situ se déroule entre 1968 et 1970 et consiste en une méditation poétique sur l'environnement, sous la forme de déambulations, d'actions minimes ou de mise en tension du corps avec la nature.

A la fois action et installation, Stripe Rake occupe une place particulière dans la production de cette période. Elle est le souvenir en trois dimensions d’une installation participative composée d’un carré de 4 m² de sable et 1 m² d’humus. A l’origine, le spectateur était invité à « activer cet espace » en y traçant un réseau de lignes (stripe) à l’aide d’un râteau (rake) fabriqué par l’artiste. Le visiteur participait à part entière à l’action, il devenait acteur de la sculpture et non plus simple spectateur. Aboutissement des premières sculptures qui sollicitent le corps du spectateur, cette œuvre porte également un message écologique. Aux désastres provoqués par les dérives de la société contemporaine, elle oppose un autre mode de vie, plus lent et plus proche de la nature : « j'oppose au geste décadent le geste primitif, au dynamisme, la lenteur, à la surface, l'intérieur, au vide, le profond. » Gina Pane témoigne ici d’intentions proches de celles des artistes contemporains de l’Arte Povera, qui cherchent alors à réveiller l’homme primitif qui sommeille en chacun de nous.

 

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