Après le réaccrochage des collections d’art ancien et du 19ᵉ siècle en 2022 et 2023, le musée renouvelle la présentation de ses collections d’art moderne et contemporain. Prêts exceptionnels du Centre Pompidou, nouveaux dépôts du Frac des Pays de la Loire et acquisitions récentes viennent enrichir le parcours des salles 22 à 25 et du Cube, dédié à l’art contemporain.
Inscrit dans une dynamique continue, le parcours permanent reflète la volonté du musée d’envisager ses collections comme une réalité vivante qui se prête à un renouvellement constant des regards et des mises en dialogues. Penser l’accrochage comme un processus lié au mouvement, c’est considérer la collection non comme un ensemble clos et immuable, mais comme un champ de travail en perpétuelle réactivation. La collection est un bien commun, dont on hérite, avec ses forces, ses zones à explorer, et qui invite à multiplier et réinterroger les regards, les interprétations et les parcours possibles.
Des œuvres emblématiques, comme autant de retrouvailles attendues
Le public retrouve dans ce nouvel accrochage les grands marqueurs de la collection : le surréalisme et l’abstraction géométrique pour l’art moderne, le Nouveau Réalisme, Support/Surface et l’image en mouvement pour l’art contemporain. Aux côtés d’œuvres incontournables (Picasso, Chagall, Kandinsky, Soulage, Penone, Kapoor, Viallat, Mitchell, Hyber…), d’autres pièces majeures font leur retour dans le parcours, comme La Belle Mauve de Martial Raysse.
Des acquisitions, prêts et dépôts enrichissent le parcours
Parallèlement à la mise en valeur de ses collections, le musée mène une politique active d’enrichissement de ses fonds au fil des années. Chaque nouvelle acquisition, qu’il s’agisse d’un achat ou d’un don, a vocation à être présentée au public et à dialoguer avec les œuvres déjà conservées. À ce titre, la donation exceptionnelle de Jean et Jeannette Branchet et le don de l’œuvre de Justin Weiler par la Société des Amis du Musée s’inscrivent pleinement dans cette dynamique et trouvent naturellement leur place au sein du parcours d’exposition. D’autres œuvres, comme celles de Pierrick Sorin, Capucine Vever, Claire Maugeais, viendront ainsi rejoindre les collections et seront présentées au public dans les mois à venir.
Aussi, le musée accueille près d’une vingtaine d’œuvres, objets d’un prêt exceptionnel du Centre Pompidou, signées par des artistes majeurs tels que Jean Hélion, Giorgio de Chirico, Alberto Giacometti, Ellsworth Kelly, Geneviève Asse ou Richard Deacon.
Les dépôts consentis par le Frac des Pays de la Loire depuis plusieurs décennies se voient quant à eux encore enrichis d’un nouvel ensemble également d’une vingtaine d’œuvres contemporaines, et contribuent au nouveau déploiement thématique proposé sur les quatre niveaux du Cube.
Donner des clés, proposer des rapprochements
Le parcours contemporain affirme avec le réaccrochage des salles du Cube une approche thématique, au-delà des écoles et des chronologies. D’un étage à l’autre, l’accrochage aborde différentes notions de l’histoire de l’art depuis les années 1960 en quatre grands thèmes ouverts auxquels les artistes, accordent une attention particulière, en mobilisant une grande diversité de médiums — de la peinture à la sculpture, de la photographie au dessin, en passant par la vidéo et l’installation : le territoire — paysages urbains et naturels —, qui devient un espace de contemplation et de résistance, un lieu d’expérience sensorielle et critique ; le corps, à travers des œuvres où se mêlent mouvement, perception, matière et langage, révélant ses différentes dimensions biologiques, sociales et imaginaires ; la couleur et le support de l’œuvre, avec un ensemble de propositions qui remettent en question les supports traditionnels de la peinture, tandis que dominent les protocoles et l’absence de figuration ; enfin, le temps, à la fois sujet, matière et outil de création, à travers des œuvres où le passé dialogue avec le présent afin d’interroger le souvenir, l’oubli, la disparition et la mémoire collective.
Des textes de salle accompagnent pour la première fois la visite afin de proposer des clés de lecture claires et accessibles sur les grands enjeux de l’art compris entre 1970 et aujourd’hui.
Une expérience de visite ouverte et partagée
Tout au long du parcours, des salles d’art ancien jusqu’au Cube, des dispositifs imaginés pour un public familial intégrés aux œuvres environnantes, invitent à une découverte active et ludique. Le musée s’affirme comme un lieu en mouvement, ouvert à tous, où les collections se découvrent et se redécouvrent dans le dialogue, l’expérimentation et le partage.
En photos