Qui êtes-vous Monsieur Simonet ?

Invité en résidence au musée dans le cadre de l’exposition Sous la pluie. Peindre, vivre et rêver, Mathieu Simonet nous dévoile les nombreuses actions qu’il a menées durant ces temps d’échanges et de rencontres. Et quand un écrivain doit raconter une histoire, évidemment, il y a une surprise à la fin !

Qui êtes-vous et quel est votre lien avec le musée ?

Je suis écrivain et ancien avocat. Je viens de publier mon 8e roman autobiographique (Le grain de beauté). En parallèle de l’écriture de mes livres, j’aime créer des dispositifs pour inciter le maximum de personnes à se sentir légitimes à écrire. Depuis 2022, je travaille notamment sur la question du droit des nuages. Dans ce cadre, j’ai publié La Fin des nuages et créé la “Journée internationale des nuages” le 29 mars.
Ce jour-là, tout le monde est invité à s’allonger sur l’herbe pour regarder les nuages et écrire ce qu’il voit. Je considère que tous ces textes constituent une « pétition poétique », qui nous rend légitime pour réfléchir, de manière collective, à un droit des nuages.
Actuellement, le droit ne les protège pas ; c’est pourquoi, chacun peut tenter de les manipuler sans demander l’autorisation à personne (par exemple, pour essayer de les faire pleuvoir plus rapidement). Cette “Journée internationale des nuages” a déjà réuni plus de 5000 personnes sur les cinq continents et commence à produire des effets (une ville a publié un arrêté sur les nuages pour interdire leur « ensemencement » ; une autre a reconnu que cette pétition poétique était juridiquement valable ; des élus, des juristes et des responsables politiques ont accepté d’échanger avec moi sur le droit des nuages, etc.). C’est dans ce contexte que le Musée d’arts de Nantes m’a invité en résidence, en écho avec son exposition Sous la pluie

Miniature de la vidéo

Quels sont les projets que vous avez développés autour de l’exposition Sous la pluie ?

J’ai été invité à écrire un article dans le catalogue d’exposition sur un préfet « voleur de nuages ». J’ai également organisé des « Rendez-vous sous la pluie » (plus de cent personnes ont été invitées, le même jour et à la même heure, à rencontrer un.e inconnu.e dans différents endroits de Nantes, puis à marcher par deux sous un parapluie jusqu’au musée). J’ai aussi lancé le projet « Autobiographie de la pluie » (chacun peut écrire un texte autobiographique, en lien avec la pluie, en précisant l’âge qu’il avait au moment de ce souvenir.
Tous ces textes sont classés dans un meuble accessible en sortant de l’exposition). Enfin, j’ai proposé à des détenus d’écrire des “cartels sensibles” à partir d’une sélection d’œuvres dans l’exposition permanente. Ces cartels sont exposés au public jusqu’au 29 mars, Journée internationale des nuages. De manière générale, je suis intervenu auprès de différents publics (collèges, lycées, université, etc.).

Quel est votre meilleur souvenir sous la pluie ?

Lors d’une de mes interventions dans un lycée professionnel, je me suis trompé de tramway. Lorsque je m’en suis rendu compte, j’étais très en retard et relativement stressé. Il pleuvait abondamment et je n’avais plus qu’1% de batterie sur mon portable. Un homme, que je ne connaissais pas, à spontanément proposé de m’aider.
Il m’a expliqué que la ligne de tramway que je voulais rejoindre était assez loin et qu’il fallait passer par des petites rues : « Je vais venir avec vous » m’a-t-il dit. Je lui ai expliqué qu’il valait mieux qu’il me laisse seul car je voulais courir pour réduire mon retard. « Ne vous en faites pas, cela fait deux ans que je veux me remettre au sport : je vais courir avec vous ! »
Et nous avons effectivement couru dans des petites rues sous la pluie. Pendant que nos jambes se déployaient le plus vite possible, je me disais que, arrivés à la station de tramway, j’allais l’inviter à une rencontre en librairie pour lui offrir mon dernier livre. Mais je n’ai pas eu le temps, car nous avons vu un taxi sur le chemin. Je me suis engouffré dedans.
J’ai finalement réussi à recharger mon portable, à trouver une solution avec les enseignants pour rester plus longtemps avec leurs élèves. Mon seul regret est de ne pas savoir qui est cet homme dont la gentillesse m’a fait tant de bien sous la pluie. Avec un peu de chance, cette interview me permettra de le retrouver ! 

Avec un peu de chance, cette interview me permettra de le retrouver ! 

Mathieu Simonet