Les œuvres du Musée d’arts de Nantes voyagent à l’échelle internationale : grands musées, musées spécialisés, fondations et centres d’arts demandent au musée des chef d’œuvres ou des pièces rares plus méconnues. Chaque demande est examinée avec minutie par la conservation et la régie, parfois avec l’aide de restaurateurs. L’œuvre peut-elle voyager ? Que va-t-on offrir au visiteur à la place ?… Les décisions sont prises le plus souvent plus d’un an en avance pour planifier au mieux le départ de nos œuvres ! Petit retour en coulisses sur deux prêts de la collection d’art ancien !
Salle 4
Prêter un chef-d’œuvre est toujours difficile, mais certaines invitations ne se refusent pas ! Le reniement de saint Pierre de Georges de la Tour est parti direction Paris. En effet, le Musée Jacquemart-André met à l’honneur cet artiste, connu pour être un des plus grands peintres influencés par Le Caravage, avec ses clairs-obscurs d’une grande poésie. L’exposition, intitulée Entre ombre et lumière, s’y tient du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026.
Rare tableau signé daté, Le reniement de saint Pierre a aidé à reconstituer un ensemble d’œuvres attribuées avec certitudes à Georges de la Tour (moins de 50 dans le monde). En effet, tombé dans l’oubli jusqu’au début du 20e siècle, c’est grâce au rapprochement de trois tableaux nocturnes (Le Reniement et Le songe de Joseph de Nantes et le désormais célèbre Nouveau-né de Rennes) que l’on a pu reconstituer sa carrière !
L’occasion pour le visiteur découvrir un autre peintre du clair-obscur avec le napolitain Giacomo Farelli (1629-1706). Son ténébreux Portrait d’artiste, au regard si pénétrant, a autrefois été considéré comme un portrait de Michel-Ange ou du Caravage lui-même !
Bye bye la Tour

Bienvenu Farelli

Salle 9
Toujours à Paris, c’est le Petit Palais qui nous emprunte Portrait de Charles-Etienne de Bourgevin De Vialart, comte de Saint-Morys, enfant de Jean-Baptiste Greuze. Aujourd’hui moins connu que Watteau ou Fragonard, il était pourtant adulé par la critique, adoré par le public des salons et les collectionneurs en son temps. L’exposition monographique Jean-Baptiste Greuze, l’enfance en lumière est à découvrir du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026.
Le départ du charmant petit Charles-Etienne a donné lieu à un jeu de chaises musicales qui permet d’accueillir un contrepoint moderne dans notre galerie de portraits 18e : le Portrait de la femme de l’artiste (1947) de Jacques-Charles Derrey.
La confrontation de cette œuvre avec le portrait de son épouse par Jean-Charles Nicaise Perrin (exposé à ses côtés) interroge sur la relation particulière des artistes avec leurs femmes. Quels sentiments transparaissent à travers le jeu des regards ? (Celui du peintre, celui de leur modèle ?) S’agit-il de représenter l’amour, une muse, un alter ego ?
Bye bye Greuze

Bienvenu Derrey

En attendant leur retour, ils ont trouvé de nouvelles œuvres avec lesquelles dialoguer !
Arrivée du La Tour au Musée Jacquemart-André







Arrivée du Greuze au Petit Palais



